Marseille : jugés pour le viol en réunion d'une handicapée lourde
Écrit par Radio Gazelle    Lundi, 14 Mai 2012 20:09    PDF Imprimer Envoyer

Trois hommes accusés d'avoir abusé de Patricia, 37 ans, en 2010

les trois accusés, âgés de 22, 27 et 36 ans, répondent de "viol sur personne vulnérable". Me Victor Gioia (photo) sera la voix de la victime, traumatisée depuis l'agression.

Photo Orianne Olive

À vrai dire, on ne sait pas ce qui leur est passé par la tête, s'ils ont vu en Patricia (1) une proie facile, un objet sexuel à leur portée qui, forcément, ne résisterait pas à leurs charmes consubstantiels, ou bien si l'occasion a tout bêtement, tout lâchement, fait le larron. On ne sait même pas s'ils ont à ce jour mesuré l'ampleur de leurs actes. Trois hommes répondent en effet à partir d'aujourd'hui de "viol commis sur personne vulnérable et en réunion", celui d'une handicapée mentale et physique de 37 ans.

Anthony Terranova, un cariste de 22 ans, Johnny Barbieux, un terrassier de 27 ans et Jean-Philippe Augé, un ambulancier de 36 ans, encourent 20 ans de réclusion criminelle.

C'est un chauffeur-livreur qui, le 29 septembre 2010, a fait l'infâme découverte. Patricia était allongée, inconsciente, sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute. Cette nuit-là, elle n'arrivait pas à dormir. Alors, elle avait quitté son domicile de l'avenue Paul-Claudel, à Saint-Tronc (10e) . Elle avait marché jusqu'à croiser la route de ceux qui deviendront ses agresseurs. Ils étaient à l'arrêt dans une voiture sur le parking d'une résidence. Les trois hommes l'avaient suivie, puis, alors qu'elle s'était assise dans un petit square, ils avaient tour à tour abusé d'elle. Elle n'avait pas crié, parce qu'ils l'avaient menacée de mort. Ensuite, elle s'était rhabillée, avait marché et marché encore. Les examens médicaux démontreront que Patricia avait bien subi des violences sexuelles.

Ses agresseurs livreront pourtant une version bien plus édulcorée, selon laquelle la victime aurait été consentante, selon laquelle aussi ils n'auraient pas vu, entendu ni compris qu'elle était handicapée à 90 %, souffrant de crises d'épilepsie. Ils ne se priveront pourtant pas de la baptiser "la folle". Il est vrai que Patricia, fort choquée, aura du mal, dans un premier temps, à reconnaître formellement ses agresseurs . Autant d'éléments friables que la défense, représentée par Me Frédéric Monneret, devrait exploiter dès aujourd'hui.

Selon les accusés, Patricia aurait évoqué "des envies de femme enceinte". En partie civile, Me Victor Gioia ne se privera pas de rappeler les tourments quotidiens de sa cliente : handicapée lourde, souffrant d'une hémiplégie droite, d'une claudication et dont les propos en situation de crise, comme le soir des faits, ne pouvaient qu'être difficilement intelligibles. Autant dire que ses agresseurs ne pouvaient pas ne pas prendre conscience de l'absence de consentement. C'est d'ailleurs ce qu'a conclu l'expert consulté par la justice.

Un coma à l'âge de 8 mois était en partie responsable de cette souffrance. Au terme de l'instruction, la juge Lætitia Ugolini a estimé que les trois hommes ne pouvaient rien ignorer de la réalité de son handicap. Cinq jours d'un procès présidé par Jacques Calmettes vont permettre de reconstituer la trajectoire insidieuse de ce viol qui n'ose dire son nom.

(1) Le prénom de la victime a été changé.

Denis Trossero

Mis à jour ( Lundi, 14 Mai 2012 20:09 )
 


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