Alors que le maire de Nice explique que cette décision a été prise afin d’« empêcher les prières de rue », le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a déjà salué cette action comme « une solution exemplaire. » D’autres villes comme Paris ou Marseille pourraient s’engager à des mesures similaires sous les ordres du gouvernement. Dans la ville touristique qu’est Nice, la main mise municipale sur la mosquée Al Baraka a produit un choc chez les musulmans niçois. La municipalité avait déjà fait capoter l’achat du bâtiment par les musulmans, initialement prévu contre une somme de 161.000 euros. En France où la loi privilégie la municipalité dans l’achat de bâtiment, la mairie de Nice a eu recours à son droit de préemption un jour avant les procédures d’achat.
Eloigner l’islam du centre-ville
Christian Estrosi a toutefois déclaré qu’il prévoyait de faire de ce lieu un centre culturel pour les musulmans. Interrogé par Zaman France, le directeur de l’association Al Baraka, Abdulhamid Razzouk, rappelle qu’Estrosi avait soutenu le projet d’achat et d’agrandissement de la mosquée par la communauté musulmane de Nice. Selon M. Razouk, cette décision est raciste et islamophobe et vise à éloigner les musulmans du centre ville. Son association prévoit d’ailleurs de porter plainte. Critiquant cette décision, Razzouk précise que cette mosquée, insuffisant pour les nombreux fidèles du vendredi, est le seul lieu de culte des musulmans de Nice. Totalement opposé à un financement public des lieux de culte, le ministre Claude Guéant a affirmé : « Une solution a d’ores et déjà été apportée à Nice. Le problème n’est donc pas insurmontable et les pouvoirs publics s’engagent à faire de même à Paris et à Marseille. Cet été, nous obtiendrons des résultats. »