| Marseille : Manifestation contre l'arrêté anti-mendicité | ||||
|
|
Suite à l'arrêté municipal pris à Marseille contre la mendicité, des manifestants sont venus à l'appel d 'Emmaüs protester sous les fenêtres du bureau de Jean-Claude Gaudin, maire UMP de la ville. Une centaine de manifestants est venue jeudi protester contre l'arrêté anti-mendicité sous les fenêtres de Jean-Claude Gaudin SIPA
« Permis de vivre », « mendiants solidaires ». Voilà quelques uns des mots qui étaient déposés ce jeudi devant l'hôtel de ville. Accompagnés de ces mots, quelques mendiants. A l'appel de l'association Emmaüs, fondée par l'Abbé Pierre, ils sont venus munis de gamelles remplies de monnaie, pour demander bruyamment l'abrogation de l'arrêté anti-mendicité pris par la municipalité. « Que le maire, qui a toujours dit qu'il était un humaniste, retire cet arrêté », a déclaré Fathi Bouaroua le directeur régional de l'association. « Nous voulons aussi la sécurité, mais ça ne vient pas en s'attaquant aux pauvres ! Pointer ceux qui mendient est un scandale.(…). Nous avons été stupéfaits. Le maire avait toujours dit qu'il ne prendrait pas d'arrêté anti-mendicité. Ce n'est pas dans la tradition de sa famille démocrate-chrétienne. Or c'est venu en catimini, lundi, journée mondiale du refus de la misère ! Trop c'est trop ! », a t-il poursuivi. Une peine d'amende de 38 euros« Je n'ai jamais été en prison, je suis SDF, je dors dans la rue », a expliqué Eddie Djemai devant une bonne centaine de manifestants, accompagnés de représentants de la LDH, de Médecins de Monde ou bien de simples citoyens. « En prenant un tel arrêté, on nous force à devenir délinquants ! », a déclaré le SDF. Christine Bartolomei, magistrate à la retraite a déclaré : « C'est dérisoire, il est évident qu'imposer une amende à des gens qui n'ont rien est inefficace ». Quant à l'arrêté en lui-même, il interdit sur un large périmètre du centre-ville « de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes, la commodité du passage ou, de manière générale, à porter atteinte par ces comportements au bon ordre », sous peine d'amende de 38 euros. Ce n'est pourtant pas une première. D'autres maires, au titre des pouvoirs de police administrative dont ils disposent pour assurer sécurité, salubrité publique et ordre, avaient pris un tel arrêté, notamment dans le sud (Cannes, Montpellier, Nîmes, Nice...). |




